Biographie de Brigitte Bulard Cordeau

 

Je suis née un 1er juin, à quatre heures du matin, sur la presqu’île du Cotentin. Il faisait beau et tout le monde s’en souvient.

 

Les autres jours, il pleut ou il vente. C’est un climat qui convient à l’écriture. Toute petite, j’écrivais de longues lettres à ma grand-mère. Elles étaient intitulées « Mounette ». Elles évoquaient toujours un seul et même sujet : Mounette, sa vie en épisodes.

 

Un jour Mounette -en fait, ce n’était pas une chatte, mais un mâle- a pris sa liberté. Et j’ai appris la tolérance.
Je passais mon temps à écrire. Le dimanche après-midi, je peignais ou je lisais. « Le chat du capitaine » de Williams Ursula, édité en 1960, me faisait pleurer à chaudes larmes. Les histoires d’animaux m’ont toujours émue.


Ma licence de Lettres et ma carte de presse en poche, je quittais Caen. Bye bye la Normandie ! Je filais à Paris, après y avoir déjà vécu un peu. Ma chère ville. Je n’aime que Paris. Je ne la quitte jamais plus de quatre jours. J’y passe les week-ends, le mois d’août, le Jour de l’An.

 

C’est la plus belle ville du monde. J’ai grandi à la campagne, j’y ai entendu le souffle du vent et le chant du coucou, senti l’odeur des foins, anesthésiante, et celle de la mer, excitante, mais depuis des années je veux respirer l’odeur de l’histoire de Paris, que fait revivre chaque monument, un passé qui embrasse le présent, coule la Seine et nos amours… C’est troublant.


Quand je marche dans les rues, je reviens toujours avec un titre de livre. Mais je n’ai jamais écrit de romans.
Pourtant je ne suis pas si paresseuse. J’ai à mon actif environ une cinquantaine d’ouvrages, écrits pour les adultes et pour les enfants, en général sur les animaux et aussi sur d’autres sujets…

 

Je suis intimement convaincue, comme je l’ai écrit dans Le Livre de La Paix, auquel Chantal Bernard, artiste peintre, totalement dévouée à cet ouvrage depuis de longues années, m’a fait l’honneur de participer, que « La connaissance du monde animal est l’un des chemins vers la tolérance et la compréhension de l’humanité, dans ses extravagances, sa philosophie, sa liberté ».

 

Cet amour des animaux, j’aime le transmettre à travers mes livres, trouver les mots qui vont accrocher l’esprit des tout petits. J’aime communiquer cette passion animale dans mes articles. Je suis rédactrice en chef de Chat magazine et d'Animal magazine - après m'être occupée de Mon animal (52 numéros) .

 

Auparavant, j'assurais la rédaction en chef d’Animal Junior , qui a duré sept ans. L’âge de raison. Mon plaisir ? Lorsque je reçois des lettres de mes anciens jeunes lecteurs, qui, à l’époque, avaient entre sept et treize ans ! Merci Aloïse, Benjamin, Magali, Clément et tous les autres.
Bien sûr, je vis un peu, beaucoup, passionnément, pour mes lecteurs.


C’est sûr, je travaille tout le temps. Un jour, j’écris sur les éléphants, le lendemain sur le rouge-gorge, puis je passe aux arbres, aux chats, aux abeilles etc, et, à chaque fin de semaine, j’ai fait un beau voyage. Et je repars.


Écrire c’est bien, encore faut-il avoir de beaux sujets !

 

Interview

 

ON PEUT AVOIR POUR MODÈLE L’ANIMAL…

 

-- BBC, c’est comme ça qu’on vous appelle, n’est-ce pas ? si vous étiez un animal…
Je serais une panthère des neiges. Sa beauté me fascine. C’est le seul grand félin capable de ronronner.
J’adore les félins dans leurs amours. Rien ne les arrête. Ils vont au bout d’eux-mêmes. Leur sexualité, leur générosité sont sans limites. À côté de cela, ils sont indépendants, solitaires et se suffisent à eux-mêmes. Leur comportement relie les extrêmes. Ils sont passionnants.


- N’est-ce pas parfois lassant d’écrire toujours sur les animaux ?
Non au contraire. On n’a jamais cessé de découvrir le monde animal, étant donné le nombre d’espèces, et on prend conscience chaque jour que cette science est infinie, extrêmement riche et formatrice.


- ???
-Certes. On peut souvent avoir pour modèle l’animal. La mère chatte avec ses petits, par exemple. Après s’être consacrée à eux, au point d’en oublier de se nourrir, elle les renvoie à leur destin. Elle a pris soin de leur apprendre l'autonomie, et c’est le plus gros cadeau que l’on puisse faire à sa progéniture. J’aime aussi la fidélité qui existe au sein des couples notamment chez les oiseaux, qui se livrent à des parades nuptiales extraordinaires pour

 

conquérir leur belle. La fidélité existe aussi chez le loup, qui vit pourtant en meute, et chez bien d’autres animaux. Et les papas poules ? C’est extraordinaire dans le monde animal, mais nous n’allons pas écrire un livre…

 

- Vous avez abordé d’autres sujets…
Certes, parce que l’animal mène à tout. On nous dit la même chose pour les Lettres lorsqu’on est en Fac. Idem pour le journalisme. J’aime emprunter ces chemins qui mènent tous à Rome.

 

LES YEUX OUVERTS SUR LA NATURE

 


- Les sorcières, les arbres, le bonheur ?

 

Ce sont en effet les trois sujets de mes derniers livres. Ils s’inscrivent dans ma philosophie, qui consiste à être en harmonie avec le monde et l’environnement, à avoir les yeux ouverts sur la nature.

 

- Vous croyez que cela correspond à un idéal de sorcière ?
La sorcière ensorcelle, charme et en tout cas a l’art de rassembler les herbes et ingrédients pour en concocter une potion, un breuvage qui fait honneur aux trésors de la nature.
La sorcière a toujours un chat avec elle. C’est une caractéristique que je partage. Je n’ai jamais vécu sans chat. De Mounette à Ophélie, à mes amours de chats des forêts norvégiennes, Hugin, Loukoum, Apache, que j’ai tant pleurés, Harfang, le chat d’Emilie, et aujourd’hui Luhna, cette chatte de gouttière choisie dans une grange…
Elle avait deux mois. Une vraie tigresse ! Mais Hugo, mon fils, la voulait. Elle est passée de la frayeur à la félicité… La félinité a fini par s’installer, côté pattes de velours.
Le bonheur l’a rendue belle, très belle. Connaissez-vous cette phrase de Léonard de Vinci : « Le plus petit des félins est une oeuvre d’art ».

 

Propos recueillis par ANO (Nîmes)